Philippe Ballarini

Aéronautique ou astronautique?

Le 17 septembre 1959, la firme North American fit effectuer son premier vol propulsé à un appareil de recherches réellement hors du commun.


Pour le X-15, le mur du son était d'une totale banalité: il s'agissait de s'attaquer au mur de la chaleur. En quelques années, les X-15 ont littéralement pulvérisé les records précédents.


Le 22 août 1963, c'était le record absolu d'altitude: 107 960 m!


En fait, davantage laboratoire volant que simple engin de records, le X-15 accumula une impressionnante quantité de données qui furent éminemment précieuses pour la conquête américaine de l'espace, entre autres les questions générées par le retour dans l'atmosphère d'engins spatiaux: sa cellule pouvait subir des températures de 650°C.


Le 3 octobre 1967, le Major Peter Knight de l'USAF mena son appareil à Mach 6,3, soit  7300 km/h. Ce record, obtenu dans la stratosphère, n'a jamais été égalé.


Il est clair que le X-15 marqua la fin de la conquête de l'air et le début de la conquête spatiale.

Comme les autres appareils expérimentaux issus du NACA, le X-15 était largué depuis un avion-mère, en ce qui le concerne un B-52.

Pas d'autonomie de décollage, un propulsion par fusées et non par réaction, les évolutions dans la stratosphère... La marge est floue entre l'engin spatial et l'avion.
Mais le X-15 est-il encore un avion?

Qui reconnaîtrait Neil Armstrong, le premier homme à fouler le sol lunaire, dans ce pilote de X-15?