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Au lendemain
de la Première Guerre Mondiale, les vainqueurs s'étaient entendus
pour faire porter le poids de la responsabilité du conflit à l'Allemagne
vaincue. Le Traité de Versailles de 1918 , outre les questions
territoriales et économiques, abordait celle de l'armement.
Aux termes de ce Traité, qui sera régulièrement battu en brèche
par les bellicistes germaniques dénonçant le "diktat"
de Versailles, il était interdit à l'Allemagne de produire
de l'armement, et en particulier de se constituer une aviation
militaire.
Il peut être toutefois intéressant de rappeler que cette mesure
n'avait pas pour seul but de se protéger contre d'éventuelles
velléités guerrières d'une Allemagne pour le moins turbulente.
Le monde était sorti choqué de la vaste boucherie que fut la guerre
de 14 -18 et aspirait légitimement à la paix et à l'harmonie.
Aussi était-il entendu que le désarmement allemand n'était
qu'un prélude au désarmement
général qui devait intervenir
dès que la sécurité paraîtrait assurée. Cette louable idée, à
laquelle il faut bien reconnaître un caractère naïvement utopique,
n'eut jamais d'application et on verra comment le traité
de Versailles, parmi ses effets pervers, eut celui d'inciter
l'Allemagne à développer la technologie des missiles.
En effet, comment en 1918, prévoir un avenir militaire à la technologie
balbutiante des fusées? Ce ne sont pas les expériences pourtant
intéressantes de Le Prieur qui laissaient présager un développement
rapide et un usage massif de la fusée en tant qu'arme offensive.
Pourtant, dans l'entre deux guerres, la technologie des fusées,
missiles et roquettes prit un essor important, le plus souvent
sous l'impulsion d'amateurs éclairés. Si dans la période
antérieure à 1940, nombreux furent les pays où se créèrent des
groupes d'amateurs construisant leurs fusées, c'est essentiellement
en URSS et en Allemagne que se développa le plus cette technologie.
Née en 1927 à Breslau, la VfR (Verein für Raumschiftfahrt = association
pour le voyage spatial) qui comptait plus de 500 membres recruta
en 1930 un élément qui allait jouer un rôle important:
Werner von Braun. En 1933, les membres de la VfR et leurs archives
furent mobilisés par l'armée allemande.
Pendant que les autres pays évaluaient leurs forces en termes
d'hommes et de canons, l'Allemagne et, dans une moindre
mesure, l'URSS, prenaient peu à peu la mesure des perspectives
offertes par ces engins. En 1936, la base ultra secrète de Peenemünde,
sur les bords de la Baltique, sortait de terre et Werner von Braun
en était nommé directeur technique. L'époque n'était plus
au voyage spatial. Il fallait concevoir des missiles militaires.
© Aérostories,
1999
[suite]
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