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Berlin 1948: le contexte

par Philippe Ballarini

La belle entente qui avait régné entre Anglo-saxons et Soviétiques pour venir à bout des forces de l'Axe ne dura que le temps de régler son compte au IIIème Reich.
Très rapidement, des dissensions étaient apparues pour des sujets divers et variés, dès même avant la conférence de Potsdam  où s'étaient rencontrés en juillet et août 1945 Staline,
Truman à qui avait échu la présidence des  USA après le décès de Roosevelt,  et Attlee à qui un Churchill battu aux élections avait dû céder la place.

C'est dans un climat détestable que les Alliés avaient pris possession du territoire allemand, avec des vues résolument divergentes en ce qui concernait l'avenir de ce pays et de ses populations.

L'U.R.S.S., qui avait payé un tribut énorme lors du conflit, ne pouvait avoir les mêmes vues que les U.S.A. qui n'avaient pas eu à endurer les mêmes souffrances. Alors que les Occidentaux, désireux de ne pas retomber dans le piège du traité de Versailles de 1918, souhaitaient la reconstruction d'une Allemagne dénazifiée et prospère, les Soviétiques tenaient à démanteler et à maintenir dans un état de profond affaiblissement le pays qui avait mis le feu au continent eurasien. 

Dans l'incapacité de s'accorder sur un règlement général de la paix, les Alliés purent s'entendre sur la partition de l'Allemagne en zones d'occupation, Berlin étant enclavée dans le secteur dévolu aux soviétiques. La ville, ou plutôt l'amas de ruines qui en restait, était elle même partagée en secteurs américain, britannique, français et soviétique.

Dans les deux mois qui suivirent la capitulation du Reich, les occidentaux s'étaient vu interdire l'accès à la ville qui, faut-il le rappeler, avait été investie par les seuls Soviétiques.

Les difficultés ,aggravées par des divergences de vues quant à la question des réparations, devinrent plus sérieuses lorsque les Anglo-saxons comprirent que Staline visait à établir entre l'URSS et l'ex-Reich un glacis que les Soviétiques contrôleraient et dans lequel serait incluse leur zone d'occupation.

Ce qui allait sous peu devenir une crise ouverte se fit jour lorsque les Anglo-américains décidèrent de fusionner leurs zones et de stopper de réclamer des réparations, créant ainsi une amorce de la future République Fédérale d'Allemagne. Pour l'URSS, c'était intolérable, d'autant plus que les Américains annoncèrent la création d'une nouvelle monnaie, le Deutsche Mark.

La mise sur pied du plan Marshall (qualifié d'"ingérence impérialiste" par les Soviétiques), la réunion de Bruxelles du printemps 1948 où, à la suite du coup de Prague, était signé un pacte de défense mutuel entre la France, le Benelux et l'Angleterre, la création d'un état fédéral "trizone", le décor était planté pour le conflit qui ferait suite à la Seconde Guerre Mondiale.

© Aérostories, 1999.   

[ suite ]

1945: des soldats soviétiques au repos dans Berlin. L'Armée Rouge ne fut pas très tendre envers la population berlinoise et les exactions furent nombreuses. Mais qu'était-ce en regard des atrocités commises par les troupes du Reich pendant la campagne de Russie? D.R.

Une amère réalité pour les Berlinois du secteur soviétique: au milieu des ruines de leur ville, le nom des rues écrit en russe.
US National Archives.

L'Amérique aide l'Allemagne avec des textiles. (affiche de 1948) L'Oncle Sam offre un costume blanc à une Allemagne bien grise. Le plan Marshall: une aide aux pays ravagés par la guerre ou un élément de la doctrine Truman visant à lutter contre l'expansion communiste?   D.R.