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Stampe stories

1) Stampe: nos premières amours.

par  Michel Léveillard

Né en Belgique et accueilli à bras ouverts en France, non seulement cette belle machine a touché le cœur de nombre de pilotes français, mais beaucoup plus important, de très bons pilotes ont été formés sur le Stampe qui était pour son époque l'avion d'entraînement par excellence.

En aéro-club, le Stampe était principalement utilisé pour l'entraînement ab initio des boursiers choisis par le Service de l'Aviation Légère et Sportive (SALS), le dégrossissage de certains pilotes destinés à l'Armée de l'Air, et pour le perfectionnement des pilotes qui avaient déjà fait un certain nombres d'heures de vol sur autres avions. Il fallait aussi avoir les moyens financiers pour voler sur le Stampe car le prix de l'heure de vol sur cet avion était beaucoup plus élevé que sur le Piper Cub par exemple, en raison d'un entretien plus délicat et d'une consommation de carburant plus importante.

Le Stampe avait la réputation d'être un avion "fin" et agile qui ne pardonnait pas toujours les maladresses de son pilote. A mon arrivé à l'Aéro Club de Normandie en 1948 il y avait déjà eu deux accidents graves. Deux frères étaient partis faire du rase-mottes au-dessus de leur voisinage.  Une ressource en virage monté et une manœuvre un peu trop violente: il en résulta un décrochage et une mise en vrille trop près du sol pour s'en sortir. Les deux frères perdirent la vie. Quelques mois plus tard, dans un autre accident semblable, le moniteur de l'Aéro Club avait été tué et son élève sérieusement blessé.

Malgré son allure d'avion d'antiquité "
un vieux coucou de la première guerre", comme certains en dehors du domaine aéronautique appelaient ce beau biplan, le Stampe faisait l'admiration de tous pendant les meetings aériens. C'était l'époque de la Patrouille d'Etampes, la haute école de la voltige personnifiée. En vol de formation serrée sur le Stampe, la fameuse patrouille donnait à rêver aux élèves pilotes tels que moi qui attendaient avec impatience le début de leur entraînement sur cet avion.

Dans cette période d'après-guerre, le Stampe était grandement utilisé dans les centres Nationaux de Saint-Yan, Challes-les-Eaux, et Carcassonne. A Saint-Yan, le Stampe était devenu l'âme de la méthode française de pilotage: la fameuse méthode Saint-Yan, où le pilotage avait été affiné, et c'était là que les futurs pilotes professionnels venaient pour se perfectionner. Challes-les-Eaux ,dans les années cinquante, était le centre de formation pour les moniteurs, alors que Carcassonne, était le centre pour l'apprentissage et le perfectionnement de la voltige.  Dans ces centres, la France avait produit des moniteurs de haute qualité et des champions de voltige de réputation mondiale.

Au fil des années, plusieurs types de moteurs avaient été installés sur le Stampe. Le plus courant était bien entendu le bon vieux moteur Renault, y compris un modèle spécialement équipé pour la voltige avec alimentation essence et huile pour le vol inversé. En France il y avait même eu un ou deux Stampe équipés avec un moteur Mathis en étoile, alors que les Stampe "émigrés" en Angleterre se retrouvaient avec le moteur Gypsy Major. Et aux USA nous trouvons à ce jour des Stampe avec moteurs Lycoming, Rangers, Franklin, et... Dieu sait quoi!

Quoi qu'il en soit, pour nous "les vieux de la vieille" un "vrai" Stampe doit être équipé avec un moteur Renault, car franchement les autres modèles ne sont pas aussi jolis! Non seulement le moteur Renault donne au Stampe une ligne magnifique, mais le son de son moteur en ligne est sans pareil.

©
Aérostories,2001.

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L'auteur en 1949: lâché sur Stampe.

Collection Michel Léveillard             Clic

Un bel alignement Stampe SV-4 du Centre National de Challes les Eaux.
Stage moniteur; Septembre 1957.

Collection Michel Léveillard             Clic

Les As de la patrouille d'Etampes en 1947.
Assis au siège avant droit: Louveau. A l'arrière, de gauche a droite: Michaud - Perrier - Le Querguelen. A droite: L'Abbé Jean Marguery, aumônier des aviateurs, en compagnie des autres dirigeants de l'Aéro-Club de Normandie.

Collection Michel Léveillard             Clic