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1940: où est l'aviation?

par Philippe Ballarini

4. Les ailes françaises dans la tourmente.

L'un des principaux problèmes, dès le 11 mai, fut que l'aviation française, faute de moyens, ne pouvait couvrir tout le front. Elle fut essentiellement utilisée, tout comme la RAF, pour colmater les brèches. Le matériel utilisé n'étant pas adapté, on fera appel à l'esprit de sacrifice des équipages. Ainsi envoya-t-on le 14 mai sur les têtes de pont allemandes de la Meuse treize bombardiers Amiot 143 complètement dépassés, en plein jour, alors que leur vulnérabilité les limitait aux sorties de nuit, et cinq LeO 45. Seuls trois appareils rentrèrent. Ils avaient été précédés par 67 "Hurricane" de la RAF qui en avait perdu 35, victimes de la Flak.

L'aviation de bombardement n'ayant plus les moyens d'intervenir dans la bataille terrestre, on confia cette tâche à la chasse. Celle-ci, dispersée , déchirée entre les missions de protection des bombardiers ( qu'on lui retira le 17 mai), la défense du territoire, la protection des forces terrestres, ne put effectuer des regroupements qui lui aurait permis de s'opposer à la Luftwaffe dans les secteurs voulus. Les rares fois où cela fut possible, comme le 26 mai, les pertes allemandes en bombardiers furent conséquentes.

L'aviation d'assaut, si efficace dans la Luftwaffe, était représentée pour une bonne part par des Breguet 691. Cet appareil, destiné  au vol en rase-mottes, était équipé de moteurs qui donnaient leur pleine puissance à partir de 3000 m. Le commandement décida de l'utiliser en semi-piqué, sans protection aérienne, avec les conséquences que l'on imagine face à une Flak nourrie.

Lorsque les Panzers eurent atteint Dunkerque et que débuta l'opération "Dynamo" visant à rapatrier les forces britanniques, la situation s'aggrava. Winston Churchill, conscient que la bataille de la Somme serait perdue de toute manière, demanda à ce que la RAF, qui avait déjà perdu plus de 1000 avions et 1500 navigants sur le continent, regagne l'Angleterre pour se préparer à la défense. On pourra déplorer, comme le fit la propagande de Vichy, la défection anglaise, mais il faut prendre la mesure que la campagne de France avait à ce point affaibli la RAF qu'elle ne disposera, lorsque débutera la bataille d'Angleterre, que de 800 chasseurs (dont 650 disponibles) pour faire face aux 3200 appareils de la Luftwaffe.

©
aerostories, 1999

[ suite ]

L'Amiot 143 n'était pas très ancien, malgré sa conception vieillotte. Mis en service en 1935, c'était un avion raté. Pour les équipages servant à son bord, l'idée de sacrifice n'était pas un vain mot.
Document "L'Illustration"

Breguet 693: un bon appareil... s'il avait disposé de moteurs adaptés à ses missions.
Document SMER